Samedi 2 juin 2018

Nos ancêtres les Gaulois … à Saint Médard

Nous possédons sur le territoire de la commune de nombreux noms de lieux dits, qui nous rappellent que les Gaulois, ont vécu sur ces terres. La Jaurie ou le Montanet et bien sûr Gandumas, puisent leurs racines, dans la langue gauloise.

A l’évidence Gandumas est composé de deux mots gaulois, signifiant lieu haut perché. Comme le plateau qui domine la Loue, culmine à 280 mètres, on ne peut qu’admirer la solide logique de nos ancêtres, dans le choix de ce nom ! Ajoutons que cette butte constitue un observatoire remarquable. Poste de surveillance idéal, il permettait d’épier les alentours et de prévenir tout mouvement suspect. Rien d’étonnant, par Toutatis, que les Pétrocores, tribu gauloise qui vivait en Périgord ait choisi de s’installer ici. Selon toute vraisemblance, c’est au Ve siècle av JC, qu’ils arrivèrent à Gandumas. Connus pour leurs qualités guerrières et leur endurance à cheval, ils étaient aussi de bons bâtisseurs et d’excellents forgerons. Avaient-ils établi une forge archaïque en bas, sur la Loue, comme ils l’avaient fait à Sarconnat ? Aucun vestige archéologique ne le prouve mais nous sommes au pays du fer, alors rêvons… A quelques pas du village actuel, sur le sentier qui mène à la rivière, ils avaient édifié un camp de plusieurs hectares. Sur ce promontoire rocheux qui domine la vallée, ils avaient divisé leur cantonnement, en deux parties. L’une était réservée à l’habitat et l’autre à la défense. Ils avaient entouré ce site qui mesurait au moins 4 hectares, de hauts murs. On estime à une hauteur de 6 à 8 mètres ces murs qui le protégeaient, comme de véritables remparts. Il faut dire que Gandumas, n’était pas loin du territoire de la tribu des Lémovices dont Lanouaille formait la limite sud. Les tribus gauloises ayant la mauvaise habitude de se chamailler entre elles, se défendre de toute attaque de son voisin, ressemblait à une priorité. Ce camp fut, plus tard, baptisé Castel Sarrazi, en référence au blé noir ou sarrasin cultivé sur ces terres peu fertiles. Depuis le XIXe siècle de nombreux scientifiques se sont intéressés aux pierres qui composaient l’enceinte de cette muraille. En 1881 il n’en restait plus que 2,50 mètres… Le reste avait disparu. Des fouilles furent entreprises en 1883. Les objets trouvés permirent de déduire que Gandumas avait été habité sans discontinuer, du néolithique au Moyen Age. Mais pourquoi tant d’intérêt, pour quelques pierres ? Elles ont en réalité une particularité, elles sont soudées entres elles et pas par du ciment ! On sait que Jules César lorsqu’il se lança à la conquête de la Gaule, redoutait la solidité des « murs gaulois », faut-il croire que tous étaient bâtis sur le modèle de Gandumas ? Ici ces pierres en schistes riches en feldspath, ont été mélangées à des poutres de châtaigniers. On a ajouté des argiles et des pierres calcaires et on a allumé des feux pour provoquer la fusion des matériaux. Une fois réalisée, les pierres étaient soudées et la résistance de ce mur, en cas de guerre, se trouvait décuplée. Tout aurait pu être simple, si tous les hommes de sciences avaient été d’accord. Mais plusieurs hypothèses ont remis en question l’origine de ce mur dit vitrifié. Les gaulois, pour communiquer avec d’autres villages, allumaient de grands feux. Ici la communauté concernée par le message, aurait été Saint Raphaël. Le feu mal maîtrisé aurait gagné l’enceinte, sa durée et son intensité auraient provoqué la fusion des éléments. Certains spécialistes pensent aussi que ces murs ont pu être édifiés avec des déchets de forge… Aujourd’hui il reste bien peu de chose de cette construction gauloise mais suffisamment pour nous parler de ces ancêtres dont les druides coupèrent certainement du gui, dans les bois de Gandumas.