Histoire de voeux.

Samedi 2 juin 2018

Nous avons l’habitude, depuis des siècles, de débuter une nouvelle année le 1er janvier. En des temps très lointains, cette traditionnelle fête du jour de l’an, ne se déroulait pas le premier jour de janvier.

Chez les gaulois, l’année commençait après le solstice d’hiver, lorsqu’apparaissait le premier quartier de lune. Selon une coutume tenace, ce jour là, pour obtenir la faveur des dieux, il fallait se congratuler sous le gui. A Rome, on entamait l’année le premier mars mais le 1er janvier, on célébrait le dieu Janus. Ce dieu possédait deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Nous lui devons d’ailleurs l’origine étymologique du mois de janvier. Pour honorer Janus, les romains accordaient 24 heures de liberté à leurs esclaves et offraient de petits cadeaux à leurs serviteurs, sorte d’étrennes avant l’heure. Ce fut Jules César qui imposa que l’année débute le premier janvier, pour commémorer la date anniversaire de la fondation de Rome. En France, il fallut attendre très longtemps avant que le premier janvier ne devienne le premier jour de l’année. Sous Charlemagne, l’année démarrait le 25 décembre. Du XIIe au XVe siècle, c’est à Pâques que naissait une nouvelle année. En 1564, une ordonnance du Roi Charles IX fit officiellement du premier janvier, le premier jour de l’année. En 1622, le Pape généralisa cette mesure à l’ensemble du monde catholique. Lors de la révolution de 1789, on fêta le nouvel an le 22 septembre, jour de la proclamation de la République. En 1805, Napoléon rétablit la date du premier janvier et depuis rien n’a changé ! Parallèlement, la coutume des voeux se développa. L’année nouvelle apparaissait riche de promesses, annonciatrice de changements par rapport à celle qui s’achevait. Au XIXe siècle, les voeux et les cartes qui les accompagnent devinrent plus populaires. Beaucoup plus tard, les hommes politiques prirent l’habitude de présenter leurs voeux à la nation. Les Maires et leurs conseils municipaux profitèrent de ce moment pour exposer des projets d’avenir. A la fin du XIXe siècle, la mairie de Saint Médard ne présentait pas encore ses voeux mais formulait quelques souhaits. Nous avons choisi de vous en présenter deux qui ont retenu notre attention. En 1881, le conseil municipal, en raison de la localisation de la gare d’Excideuil, demanda que soit établie une voie d’accès plus directe à la dite gare. A partir de Saint Médard, les voyageurs et les marchandises arrivant de la route de Lanouaille, utiliseraient un chemin leur évitant de traverser la ville. Cette voie directe passerait par le chemin dit du Pontillou et traverserait les terrains de Madame Veuve Laguionie, pour aboutir directement à la gare. En 1888, au moment où la ligne St Yrieix Périgueux (le Tacot) s’apprêtait à traverser le territoire de la commune, la Mairie demanda une halte donc une gare qui puisse la desservir. L’importance économique de la commune : Sa fonderie, ses minoteries, ses tuileries, ses fours à chaux, rendaient cette halte indispensable. La municipalité assortit d’ailleurs cette requête d’une pétition. Aucun de ces voeux ne fut exaucé… Faute peut-être d’avoir été formulé un 1er janvier.